La rééducation d'écriture: La Méthode Dumont®

Dernière mise à jour : 7 mars

La rééducation d'écriture

Pour les enfants

L'école apprend à lire et à écrire mais elle n'apprend plus à bien tenir son crayon !!!

Pourtant c'est un apprentissage incontournable qui éviterait de rééduquer le geste graphique de nos chères têtes blondes (Elle est marrante cette expression...) qui sont très créatifs en matière de tenue du crayon!

Les enfants, dès leur plus jeune âge, aiment laisser des traces et c'est comme ça qu'on peut se retrouver avec une chambre, un salon, un canapé... barbouillés de leurs petites mains créatrices.

Mais quand ils grandissent, le geste s'affine et ils mettent une intention qu'il faut guider avec bienveillance.

Je ne parle pas de diriger leur geste d'écriture, pas du tout, mais il faut être vigilant à la tenue du crayon et à la posture plus tard, quand ils se mettront à leur petit bureau.

Ancienne enseignante de maternelle et de primaire et rééducatrice en écriture, je vous conseille d'être attentif à la façon qu'à votre jeune enfant de tenir son crayon... Vous pouvez lui montrer comment se tient un crayon mais vous pouvez surtout faire des tas de petites activités qui lui permettront de trouver sa main d'écriture (droitier ou gaucher?) et de développer des habitudes motrices et graphiques qui l'aideront pour les futures activités écrites...



Bien tenir son crayon, ça s'apprend!









Voici des activités à faire avec son enfant pour préparer au geste d'écriture: "Rien ne sert de courir, il faut partir à point"; il est important d'être prêt avant de prendre un crayon: c'est l'enfant qui sait, lui imposer cette action est une erreur, pas toujours consciente, de l'adulte.

Pâte à modeler

Boutonner et déboutonner...





Aligner des objets



Marcher le long d'une ligne


Pincer, manipuler avec le pouce et l'index Piqueter



Visser et dévisser





Tapoter avec l'index





Passer le lacet dans les trous





Trier grain par grain




Et il existe tant d'autres activités préalables à l'écriture ! Il ne faut pas les négliger car c'est en jouant que l'enfant va apprendre, qu'il va découvrir sa main dominante et renforcer la tonicité de ses doigts. C'est seulement quand cette étape aura été acquise que l'enfant pourra prendre un crayon pour faire les premiers gribouillis qui le mèneront pas à pas vers l'écriture.


Pour les enseignants:



DIX MINUTES PAR JOUR POUR COMPRENDRE LA FORMATION DES LETTRES

par Danièle Dumont


LEÇON 1


Lorsque l’enfant arrive au CP, il lui faut apprendre ou revoir comment s’écrivent les lettres cursives. Le plus efficace est de lui montrer comment se créent les formes qui les composent.


C’est tout simple : 1 – Notre écriture va de la gauche vers la droite

2 – Il existe deux mouvements pour y aller, autrement dit deux unités de mouvement. Les unités de mouvement vont donc toutes les deux de la gauche vers la droite.


3 – Chaque unité de mouvement se matérialise sur le support dans une forme qui servira de base aux autres formes de l’écriture.



On les appelle forme de base. Ce sont la boucle pour la 1ère unité et le rouleau pour la 2ème. Les formes de bases sont attaquées à gauche et arrondies. (J’ai choisi le mot rouleau en référence à roule-galette.) 4 – Si on change l’un des deux attributs d’une forme de base (attaquée à gauche ou arrondie), on obtient une forme dérivée. Puisque chaque forme de base a deux attributs , elle a donc deux dérivées. (Il existe une dérivée secondaire, c’est à dire une dérivée de dérivée dans la 2ème unité. Nous le verrons le moment venu) 5 – La 1ère dérivée s’obtient en changeant le degré d’arrondi


On passe la boucle dans la machine On descend droit sur la ligne à étrécir et on obtient une étrécie. On obtient un pont.


1ère dérivée de 1ère unité = l’étrécie 1ère dérivée de 2ème unité = le pont

Sources : Thèse de doctorat Université René Descartes Paris 5, Danièle Dumont, 2013 Le geste d’écriture Danièle Dumont Éditions Hatier 3e édition 2016 pages 75 et suivantes, (1ère édition 1999 pages 86 et suivantes) Pour ce qui se passe en maternelle dans tout ce qui fait le geste d’écriture vous pouvez consulter la série Enseigner l’écriture. Une dizaine d’articles vous y est proposée.

EH BIEN VOILÀ, NOTRE LEÇON 1 EST TERMINÉE

Vous l’avez compris, telle qu’elle est rédigée, elle vous est destinée à vous enseignants. Lorsque vous l’enseignerez à vos élèves, vous introduirez au fur et à mesure les lettres devenues accessibles par la découverte de la nouvelle forme. Nous les découvrirons ensemble au fil de ces dix minutes par jour pour comprendre la formation des lettres. Aux premières approches publiées dans la 1ère édition du Geste d’écriture en 1999 a progressivement succédé un système structuré qui permet de comprendre comment se créent les formes et comment, parallèlement, se forment les lettres de notre écriture cursive latine.

LEÇON 2: LA BOUCLE

1 – En leçon 1 nous avons dit que notre écriture va de la gauche vers la droite en passant “par en bas” ou en passant “par en haut” ce qui détermine deux unités de mouvement qui se concrétisent chacune dans une forme de base et deux dérivées (plus une dérivée secondaire pour la deuxième unité).



2 – Enseigner la boucle se fait par un encodage procédural et non par un encodage sémantique. La mise en mémoire peut être procédurale : on fait un geste. Exemple on lance un ballon à un camarade en dépliant brusquement les bras pour propulser le ballon dans sa direction. Il s’agit d’un apprentissage implicite : on n’explique pas à l’enfant “tu plies tes bras, tu les détends brusquement etc.” L’enfant apprend à faire et doser son geste par un processus inconscient. C’est un encodage procédural. Il se met en place inconsciemment.

(Pour d’autre apprentissages, la mise en mémoire peut être sémantique : on explique ce qui doit être fait. Par exemple le jeu de l’oie consiste à avancer du même nombre de cases qu’il y a de points sur le dé.)

Pour enseigner la boucle on n’expliquera pas comment la tracer (pas d’encodage sémantique), on mettra l’enfant en situation de faire le geste nécessaire (encodage kinesthésique, donc procédural).


3 – En leçon 1 nous avons appris que la 1ère unité va de la gauche vers la droite “en passant par en bas” et que les formes de base sont attaquées à gauche et arrondies.

C’est donc en faisant faire un geste qui va de la gauche vers la droite en passant par en bas qu’on donnera à l’enfant accès à l’écriture de la boucle sans amener à sa conscience l’idée qu’il est en train d’apprendre à “faire des boucles” et encore moins d’apprendre à écrire. Pour cela nous utiliserons le relais de hockey.




4 – Munis de deux crosses de hockey et de deux palets par équipe, les enfants jouent. Leur objectif est donc de jouer et, de préférence, de faire gagner leur équipe.

Sans se poser de questions sur la façon de s’y prendre, les enfants poussent le palet par petits coups vifs jusqu’à la fin de la piste. Ensuite ils feront semblant avec des foulards. Plus tard ils feront tourner les foulards. Plus tard encore ils laisseront la trace de ce mouvement sur un plan vertical.

On pourrait trouver bien compliquée toute cette étape de relais de hockey et vouloir commencer directement avec les foulards. Dans cette pseudo simplification la règle du jeu serait remplacée par une injonction bien difficile à satisfaire pour un petit enfant (“tu dois tourner dans tel sens”) , elle serait donc sans aucun intérêt. Supprimer la 1ère étape de l’encodage procédural relève de l’incompréhension de ce qu’est un mouvement et plus particulièrement celui qui permet d’écrire et de ce qu’est l’acte d’écriture.


5 – Une fois les enfants bien entraînés au relais de hockey, puis au faire semblant, puis à faire tourner les rubans, puis une fois qu’ils ont prouvé que le geste est bien acquis en constatant que la trace du mouvement qu’ils ont laissé sur plan vertical fait des boucles, alors ils sont prêts à écrire.




Ils y sont prêts si tant est que pendant ce temps ils aient appris à tenir et manier le crayon et à gérer l’espace de l’écriture (horizontalité et tenue de la ligne, verticalité des axes, proportion des dimensions et des espaces).

Les enfants sont donc alors en situation de tracer des boucles, ce qui signifie. – tracer une petite boucle pour écrire la lettre e – étirer les doigts vers le haut pour tracer une grande boucle pour écrire la lettre l, – étirer les doigts vers le haut pour tracer une grande boucle et la prolonger vers le bas en repliant les doigts dans la main pour écrire la lettre f ; la terminer par une attaque de grande boucle.


La spontanéité du geste leur permet de penser le nom de la lettre lorsqu’ils l’écrivent puisqu’ils ont l’esprit libéré d’une quelconque description de leur action.

Mieux encore, s’ils utilisent directement la lettre dans un mot ils la recodent instinctivement chaque fois que nécessaire. Deux mots seulement sont possibles en étant utilisés de façon réfléchie “le” et “elle”. Un troisième mot est possible mais il relèvera plus de la copie que de la réflexion : le mot “fée”.



LEÇON 3: L’ÉTRÉCIE


Franchissons un second pas : celui de l’accès à une autre forme constitutive de l’écriture : l’étrécie. Etrécie, nous avons déjà rencontré ce mot dès la 1ère leçon et nous avons vu comment on passe de la boucle à l’étrécie.


1 – Nous avons vu que les formes constitutives des lettres font système autour de deux formes de base, la boucle et le rouleau. Nous avons vu que chaque forme de base a deux attributs : un lieu d’attaque et un degré d’arrondi.

En changeant le degré d’arrondi la boucle devient très étroite, elle s’étrécit, d’où le nom de la dérivée ainsi obtenue = une étrécie. L’observation de la “machine à étrécir” permet à l’enfant de passer aisément de la boucle à l’étrécie.



2 – En isolant une étrécie et en la surplombant d’un point on obtient la lettre i. En isolant deux étrécies on obtient la lettre u.

En conséquence, une fois que l’on sait écrire e on peut passer facilement à l’écriture de la lettre i ; on peut alors ajouter à notre lexique le mot “il”. En s’opposant à elle, il fait sens.



Pour reprendre la même illustration qu’à la leçon précédente on peut compléter la légende en écrivant il ou elle au bon endroit.


3 – En isolant deux étrécies, on obtient la lettre u

On peut donc envisager l’exercice suivant.



4 – Savoir tracer une boucle permet d’écrire la lettre e puis, en étirant les doigts vers le haut, la lettre l. Nous retrouvons le même principe avec l’étrécie.



De même qu’en variant l’extension des doigts on passe de la petite boucle à la grande boucle, en variant l’extension des doigts on passe de la petite étrécie à la grande étrécie. En barrant la grande étrécie, on obtient la lettre t.

L’écriture cursive française fait monter les t moins haut que les l. Ce n’est pas le cas dans tous les pays. Ainsi Québec ces lettres sont de la même hauteur.

L’écriture cursive française colle la barre du t à l’étrécie. Ce n’est pas le cas dans tous les pays. Ainsi au Québec la barre du t traverse l’étrécie.


6 – Si l’écriture imprimée offre des variantes pour une même police (taille, gras ou maigre, italique ou verticale) l’écriture manuscrite permet autant de variantes qu’il existe d’individus.

Les lettres de l’écriture manuscrite peuvent être un peu plus larges, un peu plus étroites, attaquées juste sur la ligne ou légèrement au-dessus, le dos des grandes boucles peut être plus ou moins courbe, plus ou moins droit… l’important c’est que le modèle de référence utilise les mêmes formes afin de répondre au même code. L’identification de ces formes est donc nécessaire à un apprentissage optimum.


L’écriture se personnalisera plus tard en apportant au fil du temps des aménagements qui lui conserveront le substrat nécessaire à la lisibilité mais déjà dès le cycle 2 on peut reconnaître le cahier d’un enfant parmi tous les autres rien qu’à son écriture.

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